Accueil / Infos résidents / Restauration et sécurité : les failles du système de licences en Thaïlande

Restauration et sécurité : les failles du système de licences en Thaïlande

Un drame survenu dans un établissement de divertissement du quartier de Lat Phrao à Bangkok a soulevé des questions bien au-delà de la tragédie immédiate. L’incident a mis en lumière une problématique structurelle du système de contrôle réglementaire en Thaïlande : les failles dans la délivrance et le suivi des licences d’exploitation.

En Thaïlande, la distinction entre un restaurant, un bar ou un établissement de divertissement n’est pas seulement administrative — elle détermine les normes de sécurité applicables, les horaires d’exploitation, les capacités d’accueil et les équipements obligatoires en cas d’urgence. Or, certains établissements opèrent sous une licence de restaurant tout en fonctionnant de facto comme un bar ou un espace de spectacle. Cette pratique contourne les exigences plus strictes imposées aux lieux de divertissement.

Les conséquences pratiques sont graves. Un établissement enregistré comme restaurant n’est pas tenu de respecter les mêmes normes de sécurité incendie (portes d’évacuation d’urgence, systèmes de sprinklers, marquages de sortie, formation du personnel) qu’un bar ou une discothèque. Si cet établissement accueille en réalité des centaines de clients pour danser ou regarder des spectacles, les risques s’accumulent sans être couverts par une réglementation adéquate.

Pour les résidents étrangers en Thaïlande, cette situation soulève des questions pratiques : comment évaluer la sécurité d’un établissement avant de le fréquenter ? Les inspections officielles sont-elles régulières et efficaces ? Quel recours existe-t-il en cas d’incident ?

Le problème reflète une tension plus large en Thaïlande entre, d’une part, les autorités locales (municipalités, police) qui délivrent les licences, et de l’autre, les services d’inspection (pompiers, santé) qui vérifient la conformité. Le manque de coordination entre ces structures crée des zones grises où les exploitants opèrent avec une certaine impunité.

Pour se protéger, les expatriés et résidents peuvent vérifier les sorties de secours visibles, l’absence de blocages, la présence de personnel d’accueil organisé, et préférer les établissements bien établis avec une bonne réputation locale. En cas de doute, il est judicieux de consulter d’autres résidents expérimentés ou les forums d’expatriés, qui relaient souvent les expériences de sécurité dans les différents établissements.

Cette affaire rappelle que la sécurité des lieux publics repose avant tout sur une application rigoureuse des normes. En attendant des réformes structurelles, la vigilance individuelle reste le meilleur recours.

Source : Khaosod English

Étiquetté :

Répondre

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *